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jeudi 5 janvier 2012

Utopia

Mon gouvernement idéal vient de faire un coup d’état et a botté le cul à Sarkozy et sa pouffe. Première réunion, dans un bistrot. L’ambiance est au travail. La présidente prend la parole:


« Mesdames, je crois que nous avons du pain sur la planche. J’ai jeté un coup d’œil sur le budget; il est des plus aberrant: L’éducation, nos enfants, notre avenir, est le parent pauvre, et doit faire tourner la baraque avec peu de moyens. Parallèlement, leurs collègues militaires, qui travaillent également pour nous, sont choyés, un bon salaire, une retraite précoce. Rappelons qu’ils ne servent qu’à faire une plus grande masse de viande, au cas où. Pour s'équiper, l'armée dispose d'un budget démentiel: Je n'ai pas encore osé aller voir dans les détails quels étaient leurs achats... Alors que nos enfants doivent acheter leurs livres et leurs fournitures pour pouvoir s'instruire! Il faut inverser cette tendance. 

Le deuxième grand point qui me tient à cœur concerne notre source d’énergie. Je voudrais tout simplement fermer les centrales nucléaires. Elle jeta un coup d’œil à l’ ensemble des électrotechniciens, mathématiciens, physiciens, chimistes, géologues,  hydrologues, autres ingénieurs et spécialistes de tout un tas de disciplines scientifiques diverses et variées.
- Messieurs, c’est à vous de jouer. L’Homme a atteint un tel niveau de connaissances techniques qu’il ne vous est pas impossible de relever cette tâche: trouver une source d’énergie respectueuse de la santé de la planète et de ses habitants.
Les scientifiques, peu habitués aux réunions, ne se firent pas prier pour déguerpir dans leur laboratoire afin de se mettre au travail.
- N’est ce pas un peu radical? Se hasarda Mme Sociologue
- Non. Répondit la présidente. On ne sait que faire des déchets radioactifs, qu’on enfouit sous terre en croisant les doigts pour qu'aucune bombe ne tombe sur le site où qu'aucun gros tremblement de terre n'ait lieu. Avez-vous entendu parler des périodes de demi vie? Non? Je vous fait un résumé fort simple qui n’a rien de scientifique. Ça veut dire que les plus dangereux peuvent rester mortel pour l’homme pendant des milliers d'années. Des milliers! Combien de générations cela représente-t-il? Aucun gouvernement au monde digne de ce nom n’a le droit d’engager une aussi lourde responsabilité sur les générations à venir. Au nom de l’humanité, c’est inconcevable. On utilise l’uranium car c’est un composé magique: Il est pas cher et rapporte beaucoup de pognon. Il n'y a qu'à voir le nombres de centrales que la France a vendu partout dans le monde... Il a fait le bonheur des pourritures de politique qui en ont fait leur campagne pendant des années juste pour pouvoir s’offrir un jet privé. Justement, en parlant d’argent, je crois que Mme Économie a des choses à nous dire…
Mme Economie s’éclaircit la gorge puis prit la parole.
- L’argent est Le gros problème. C’est un parasite. Vous parliez des militaires Mme la Présidente, mais que sont les guerres sinon une question d’intérêt? A l'origine l'argent était juste un outil plus perfectionné que le compliqué troc  permettant de faciliter les échanges. Or, il est devenu nécessaire : L’argent sert à manger, à se loger, il sert à vivre, finalement. La vérité est fort simple: L’argent ne repose sur rien. Une grande majorité des richesses mondiales repose sur du rien, du vide, du non concret: La pub, les sponsors, les actions qui grimpent et dégringolent au grè des vents boursiers… L’argent est mal géré par un monde capitaliste où des spéculateurs, rendus fous par les chiffres qui clignotent sur leurs ordinateurs, font n’importe quoi et peuvent fermer des usines en un clic. Jusqu’au jour où… Tout le système s’effondrera. Il faut régresser dans ce domaine dans le sens où l'argent doit tenir une place moins prépondérante. Trouver un nouveau système d’économie plus équitable et revenir à la fonction première de l’argent, c’ est à dire juste un outil pour faciliter les échanges.
- Très bien, dit la présidente, vous savez ce qui vous reste à faire! Votre équipe va avoir du boulot, Mme Economie…
- Permettez moi, dit timidement Mme Psychologue, de rebondir sur les derniers propos de Mme Economie. De mon point de vue, je suis tout à fait séduite par l’idée d’une valeur régressive de l’argent dans la mentalité des gens. En effet, c’est une source de névrose, pour les cas les plus légers pouvant aller jusqu’à de graves psychoses. L’argent omnibule, il est nécessaire pour se nourrir et se loger, comme vous l’avez dit, mais aussi pour se faire une place dans la société. Quelle pression pour un seul homme! Une pression des plus omniprésente et écrasante quand on descend dans l’échelle de pauvreté. Comme peut devenir tragique la perte d’un emploi dans de telles conditions! Le vingt et une ième siècle a vu l’apparition et la multiplication du suicide d’enfants. Rendez vous compte! A peine 10 ans parfois! Ce monde est malade; et je suis tout à fait pour un remède genre désacralisation de l’argent. Ce n'est, bien sûr, pas une solution absolue, mais elle contribuerait de façon certaine au bien être de tout à chacun.
- C’est très bien de penser au bien être individuel de nos populations industrialisées, Madame, mais je crois qu’à un niveau mondial la tâche est d’autant plus ardue. Dit Mme Ethnologue. Vous parliez de la guerre, mais d’autres problèmes subsistent: la surpopulation,  et les famines, épidémies et pandémies qui en découlent, l’inégale répartition des richesses qui fait que ¾ de l’humanité, je répéte le chiffre: Les Trois Quarts de l’humanité a faim, tandis que le quart qui reste, nous les pays industrialisés, ne savons plus quoi commander sur internet pour se faire plaisir. Les enfants de l’hémisphère sud travaillent dur pour que les enfants de l’hémisphère nord portent des nike qui feront grimper leur côte de popularité dans les collèges. Vous parliez d’accorder moins de moyens à l’armée; utilisons nos soldats pour apporter des préservatifs! Il faut enrayer le phénomène de surpopulation, sinon ça va craquer, la terre n’est pas assez riche pour nous nourrir tous. Apporter l’ éducation ! Arrêter de transformer les civils en pâtés de chair pour 4 barils de pétrole et s’entraider, bordel! Nous sommes tous frères, tous dans la même galère sur Cette planète de Ce système solaire (Elle ponctuait ces adjectifs démonstratifs avec violence), notre existence est fragile; si on ne se sert pas les coudes se sera la fin. »

Mme Ethnologue était toute rouge à la fin de son discours, et un silence méditatif s’installa. C’est la Présidente qui le brisa. Elle dit, en soupirant:
« Mesdames, je crois que nous avons du pain sur la planche ».





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